Sortir du nucléaire

10 mars 2013

Société

20.000 personnes étaient présentes dans tout Paris hier pour encercler les lieux de pouvoir où se prennent les décisions sur le nucléaire français et mondial afin de réclamer son arrêt total, militaire et civique. Au même moment au Japon, 15.000 personnes ont manifesté en exigeant le démantèlement de toutes les centrales du pays. 42% des français se disent inquiet sur le nucléaire, et 70% des allemands sont favorables à l’arrêt de ce dernier au moment même où leur gouvernement dit vouloir produire son électricité sans charbon ni nucléaire d’ici à quelques années. Partout, les citoyens demandent un arrêt ou un renforcement de la sécurité des complexes.

Sortir du nucléaire dans Société chaine2013-afleurantin-67995-300x213

Chaîne humaine à Paris pour la sortie du nucléaire

Comme souvent, malheureusement, les mises en oeuvres concrètes ne voient pas le jour. La centrale de Fessenheim, construite sur des normes de sécurité maintenant obsolètes et présentant des risques d’inondations en cas d’écoulement de produits toxiques est toujours en activité. L’actuel Président à l’époque candidat, avait affirmé vouloir  » fermer Fessenheim pour deux raisons. La première, c’est que c’est la plus ancienne centrale, qu’une centrale était prévue normalement pour trente ans et qu’elle aura quarante ans d’âge en 2017. Deuxièmement, elle est proche d’une zone sismique, ce qui est quand même un risque. » 

Mais lorsque L’Association trinationale de protection nucléaire (ATPN, collectif regroupant des associations et communes françaises, allemandes et suisses)qui avait déjà interpelée en vain l’ancien gouvernement sur les dangers de cette centrale, décide de saisir la cours administrative d’appel de Nancy, le ministère de l’écologie, dans son « mémoire en défense » adressé le 5 octobre 2012 à la cour et signé de son directeur des affaires juridiques, se livre à un plaidoyer pro-Fessenheim. Et de dire qu’il « il n’est pas établi qu’il existerait des risques graves menaçant la sûreté de la centrale de Fessenheim »  Puis le gouvernement a encore changé de cap, indiquant vouloir fermer la centrale « fin 2016, début 2017″.

Malgré ces revirements, il ne faut pas voir le gouvernement comme l’ardent défenseur du nucléaire car il se trouve dans une situation délicate du fait de la puissance du groupe Areva. L’entreprise française est responsable de 125.000 emplois directs et est notamment l’actrice d’un très fort lobbying. Dans ces conditions, elle dispose d’un véritable contre-pouvoir sur les mesures éventuelles du gouvernement. Elle sait également tirer profit des situations délicates afin d’améliorer ses bénéfices et  son image à l’International comme le prouve la création d’offres et de services d’équipement de sûreté nucléaire baptisé « Safety Alliance » (créée juste après l’accident de Fukushima)  qui protège donc les pays des dangers de…ses propres centrales !

7668349349_la-carte-de-france-des-centrales-nucleaires-la-part-du-nucleaire-en-france-300x300 areva dans Société

Le nucléaire en France

Le gouvernement nippon a enfin pris des mesures sur le nucléaire, deux ans après la catastrophe de Fukushima. Après avoir fait une cure sans aucune énergie nucléaire, le Japon a mis en marche deux réacteurs seulement. Il a aussi crée l’Autorité de régulation nucléaire, organisme le plus transparent possible (publiant les comptes-rendus des réunions sur internet) qui a instauré des règles beaucoup plus strictes en matière de sureté nucléaire. Faudra-t-il attendre une catastrophe de ce genre en France pour voir se mettre en place des réelles mesures de sécurité ?

Il existe pourtant des solutions simples pour sortir du nucléaire. Les économies d’énergies sont très importantes. Cela passe par l’isolation et la création d’équipements consommant peu d’énergie par exemple. Il faut inciter les constructeurs grâce à des normes strictes ou des subventions. L’investissement dans les énergies renouvelables est un second point important. Le gouvernement ne doit pas avoir peur de voir à long terme et d’aider une filiale  pleine d’avenir, d’emplois et de solutions. De plus la transition énergétique nous apporterais notre indépendance.

Il est vrai que le nucléaire en France est une filiale très importante du point de vue économique. Mais la production de bénéfices ne doit en aucun cas se faire sur un risque éventuel pour les populations, présentes et futures. Une sortie immédiate n’est pas à envisager. Il faut voir à long terme. À force de penser « ce n’est pas le moment » on ne fera rien. Il faut se préparer dès maintenant pour sortir du nucléaire dans quelques décennies. Il est ridicule de penser que la sortie du nucléaire sera un retour à la « bougie » et aux « manteaux en peau de loup ». C’est au contraire une vraie avancée comme le prouve le marché des nouvelles énergies, en pleine expansion. Nous sommes aujourd’hui dans situation où le traitement des déchets nucléaire ne verra pas le jour. Il ne faut pas investir dans le nucléaire, mais dans les énergies renouvelables afin d’augmenter leurs rendements et leurs efficacité. Pourquoi ce choix ? Parce que le traitement des déchets est une impasse, là ou les énergies nouvelles sont une nouvelle voie.

, ,

À propos de Pierre Gautheron

Jeune étudiant en histoire, passionné de photographie et de cinéma. Je souhaite un journalisme novateur, trans-média, honnête.

Voir tous les articles de Pierre Gautheron

Inscrivez vous

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les mises à jour par e-mail.

Une réponse à “Sortir du nucléaire”

  1. Eugeenie Dit :

    Top trop trop comme d’hab!

    Répondre

Laisser un commentaire

Lola |
Livepost |
L'immobilier à Bordeaux |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Leblogdegustav
| Kokolitolithe
| Fredericbenque