La lutte des classes est-elle toujours d’actualité ?

3 avril 2013

Sociologie

« l’Histoire de toute société jusqu’à nos jours, c’est l’histoire de la lutte des classes » Karl Marx et Friedrich Engels en 1848  dans le manifeste du parti communiste.

Marx et Engels ont été très inspirés à leur époque. Leur époque ? Celle des injustices sociales,  de l’émergence d’une nouvelle classe sociale, le prolétariat. La lutte des classes ? Une altercation éternelle entre des classes sociales qui se battent pour leur intérêt. Longtemps, la lutte des classes a été le symbole de la gauche. Les syndicats, les ouvriers, les politiques, tous se battaient pour les « opprimés ». C’était l’époque du front populaire, des acquis sociaux… Puis il y a eu la montée de l’URSS, la bipolarisation de la politique entre communistes et capitalistes. Et là encore, la lutte des classes a été conséquente. Les « oppressés » s’alliaient pour leurs droits, contre les capitalistes. Les conflits se résumaient à pauvres contre riches. Puis, la chute du mur de Berlin et avec elle, celle du bloc soviétique. Et là, tout a changé.

Le monde n’était plus bipolaire. Le capitalisme, à présent seul dans le monde, a commencer à imposer son fonctionnement. Les bastions ouvriers ont été démantelés, portant un coup dur aux syndicats. C’était l’époque de Reggan et de Thatcher, des bafouements du droit de grève. Les plus démunis, enfermés dans la consommation, ne se sentent plus exploités. La rébellion était devenue trop dure pour être possible.  Avec la tertiarisation des emplois, les ouvriers en tant que classe sociale ont disparus, car trop peu nombreux et sans réseaux fédérateurs. Il ne reste plus maintenant qu’une poignée d’irréductibles. Syndicalistes, communistes, grévistes,  sont aujourd’hui marginalisés : Ce n’est plus à la mode de se battre pour ses droits.

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Taux de syndicalisation en France

 

Alors la tendance s’est inversée. Avec la tertiarisation, l’émergence d’une nouvelle classe sociale : les cadres. Se  sentant appartenir à la grande famille des dirigeants, ils comprenaient qu’ils avaient une épingle à tirer du jeu. Ils ont créé leurs syndicats. Suivis par les patrons, qui, n’ayant plus à lutter individuellement contre les employés, se sont regroupés pour lutter contre le gouvernement, aidés par les lobbies. Un duo implacable qui exerce une pression quotidienne sur les gouvernements.

Cliquez sur le tableau pour l’agrandir :

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Une identité de classe qui s'attenue à mesure que l'on descend dans l'échelle sociale

Nous somme passés d’une lutte des classes des opprimés contre les dirigeants, à une lutte des classes des dirigeants contre les opprimés. Cette lutte est bilatérale. Evidemment, on n’appelle pas cela la lutte des classes. On appelle ça augmenter les dividendes, flexibiliser les marchés… Mais c’est au fond, la même chose. Les supermarchés ouverts le dimanche, les emplois précaires, les licenciements boursiers… Les destruction des acquis sociaux mis en place ces dernières décennies prouvent que la lutte des classe s’est inversée.

Ne pas croire en la lutte des classes, c’est croire que le monde est candide, et qu’il n’y a pas de distinctions sociales entre les individus. Ne pas croire en la lutte des classes, c’est vivre dans un monde imaginaire et n’avoir aucune vision de la réalité. La lutte des classes a toujours existé et existera toujours, Marx et Engels disent vrai, mais ce qu’ils omettent d’expliquer, c’est qu’elle n’est pas toujours favorable aux opprimés.

Ce qui permet aux dirigeant d’avoir le dessus depuis quelques années, c’est l’hébétude des plus démunis, qui ne se rendent plus compte de leur situation, trop occupé à travailler pour consommer (et loin de moi l’idée de leur jeter la pierre). Cette prise de conscience ne se fera pas tout de suite. Voire peut-être plus jamais.  C’est à nous, par un engagement quotidien, de faire prendre conscience à chacun de sa situation et de l’état de notre société.

 

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À propos de Pierre Gautheron

Jeune étudiant en histoire, passionné de photographie et de cinéma. Je souhaite un journalisme novateur, trans-média, honnête.

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5 Réponses à “La lutte des classes est-elle toujours d’actualité ?”

  1. Eugeenie Dit :

    “There’s class warfare, all right, but it’s my class, the rich class, that’s making war, and we’re winning.” Warren Buffet, vivement qu’un jour ça s’arrête!

    Répondre

  2. Lacourière Anne-Marie Dit :

    Intéressante cette « inversion » de la lutte des classes et les nouveaux termes auxquels tu as recours pour la débusquer : flexibilité, etc.
    Ca me convient bien que tu évoques aussi tout ce qui s’y rattache, de près ou de loin, comme l’ouverture des magasins le dimanche, par exemple…
    Intéressant, bien sûr, d’avoir pointé que cette lutte-là n’était pas favorable aux opprimés…

    Répondre

  3. Jérôme Cahuzac Dit :

    « Socialiste et je n’ai jamais cru à la lutte des classes ! »

    Répondre

  4. Origami Dit :

    Ce qui permet aux dirigeants d’avoir le dessus, c’est aussi de subventionner leur opposition. En corrompant les dirigeants des syndicats, mais aussi en achetant la presse : la Maison Dassault a toujours été très généreuse avec le journal communiste l’Humanité par exemple.
    Il y a aussi toute l’épopée du syndicalisme trotskiste en France, grâce à la bienveillance de la CIA :
    http://tempsreel.nouvelobs.com/opinions/00022968.EDI0001/les-trotskistes-et-la-droite.html

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  5. Origami Dit :

    Ce qui permet aux dirigeants d’avoir le dessus, c’est aussi notre manque de culture historique… Un vide sidéral, entretenu avec soin par les concepteurs des programmes de l’Education Nationale : on réduit aujourd’hui comme peau de chagrin les cours consacrés à Louis XIV, Napoléon, bientôt De Gaulle ? Qu’on aime ou pas ces différents personnages, ils font partie de l’Histoire de France et n’acceptaient pas, eux, de se voir dicter leur action politique par les banksters ou on ne sait quel lobby…
    A propos de la suppression du repos dominical, voir la conférence d’Henri Guillemin sur les débuts de la Troisième République, où l’on apprend, ô stupeur, que c’est Jules Ferry et son gouvernement « modéré » qui, les premiers, ont voulu faire travailler les gens le dimanche :
    A 27’42 : http://www.youtube.com/watch?v=66lqAHfBeyY
    (Video à voir et revoir dans son intégralité, si on s’intéresse à l’histoire de la formation du centre-gauche en France)

    Répondre

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