Un barrage contre le Pacifique

16 mars 2014

Culture, Non classé

Au théâtre de l’Athénée se joue en ce moment une représentation d‘Un barrage contre le Pacifique  

C’est en 1950 que Marguerite Duras publie son premier roman, Un barrage contre le Pacifique, alors bien accueilli par le public et la critique. Elle y raconte sa vie d’adolescente avec sa famille en Indochine française où tous sont contraints de vivre dans la misère sur une terre incultivable, assaillie chaque année par les eaux dévorantes du Pacifique.

Juliette de Charnacé tente une mise en scène moderne, utilisant des décors simples et épurés qui n’interfèrent pas avec la puissance du texte. Trois troncs d’arbres, ruines du vain barrage libérateur du joug de l’océan, remplissent l’espace sans s’imposer. Tour à tour ils deviendront forêt tropicale et représentations des cauchemars de la mère qui s’y échouera avec violence.

Les personnages évoluent dans cette prison iodée. Les rapports entre Joseph et Suzanne sont en permanence ambigus, plus proches de la parade nuptiale que de l’amour fraternel, et constituent un aspect judicieux de la mise en scène. Mais le jeu répétitif des acteurs qui enchaînent des pas de danse frénétiques fatigue. Le frère et la sœur apparaissent insipides au fil de la pièce, les voix sont monocordes, les personnages peu convaincants. Seule la mère parvient à nous envelopper dans sa folie, à nous faire partager le désespoir de sa vie anéantie tout comme elle le fait subir à ses enfants, qui rêvent de s’évader et finiront par la haïr. L’Amant vient bousculer les rapports familiaux sans que l’on sache vraiment s’il est question entre Suzanne et Monsieur Cho d’amour, de tendresse ou de prostitution . Malgré cela, le personnage est peu marquant.

La musique souligne le texte de Marguerite Duras et imprègne le spectateur de sel. Elle soutient chaque instant de tension de la représentation en décuplant -et heureusement !- les sentiments exprimés par les comédiens et parvient à maintenir le spectateur dans une atmosphère aussi étouffante que la moiteur asiatique.

On ne viendra certainement pas voir cette pièce pour le jeu des acteurs mais la mise en scène d’Un barrage contre le Pacifique permet de découvrir le texte de Marguerite Duras, dur et sombre, dénué de douceur et de paix, à l’image de l’adolescente torturée qu’elle était.

MDB

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À propos de Pierre Gautheron

Jeune étudiant en histoire, passionné de photographie et de cinéma. Je souhaite un journalisme novateur, trans-média, honnête.

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