Ça déboulonne à Lille !

12 décembre 2014

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Article écrit pour le blog On En Parle

Photos de Pierre Gautheron

Pour la seconde fois, mardi 25 novembre, le collectif des déboulonneurs était présent à 19h devant le tribunal de haute instance, à Lille. Ce mouvement entend lutter contre « l’impact des images publicitaires, le pouvoir des entreprises et la pollution visuelle » par le biais de messages politiques inscrits sur les panneaux de publicité. Cette action anti-pub faisait suite à la convocation le 25 novembre de deux « barbouilleurs » arrêtés le 23 mai dernier par la Justice qui leur réclame 100 euros pour dégradation de panneaux publicitaires et 100 euros pour refus du prélèvement d’ADN. Le matin même, les deux militants ont refusé de payer ces amendes.

Une ambiance sereine règne autour de la petite assemblée d’une quinzaine de personnes qui se prépare pour la 75ème action du collectif. Alors qu’ils réfléchissent méthodiquement aux slogans à inscrire, un cycliste apporte l’échelle et un militant sort le mégaphone. Ils sont particulièrement détendus.

Il est vrai que l’actualité leur sourit. L’année dernière, plusieurs militants ont été mis en examen pour des faits similaires à Paris. Ils ont été relaxés par le parquet pour état de nécessité. Il y a quelques jours, la mairie écologiste de Grenoble annonçait vouloir supprimer 326 panneaux d’ici quatre mois : cette mesure dépasse toute leurs attentes. De bonnes nouvelles qui dépassent les attentes des militants.

manif débou 1

Un militant va prévenir le palais de Justice des dégradations illégales qu’ils vont eux-mêmes commettre. « Nous sommes d’honnêtes citoyens » déclare-t-il, désinvolte. A peine le premier panneau barbouillé, un agent de police sort du tribunal. Les activistes ne se démontent pas et calmement, demandent au policier de bien vouloir prouver son identité avant de les contrôler. C’est là le principe même des déboulonneurs : user de la désobéissance civile et de droits du citoyen avec zèle.

manif débout 2

Deux autres militants ont le temps d’inscrire des messages politiques sur les autres côtés d’une aubette (arrêt de bus) avant l’arrivée de six policiers motorisés. « Monsieur, vous protégez de grandes multinationales » assène l’un d’entre eux à l’agent qui tente de sauvegarder un panneau. Les policiers se regroupent pour discuter de la suite des événements. Les militants attendent patiemment. « C’est de la désobéi… je ne sais pas quoi » lâche l’un des policiers, incrédule.

Ils tentent de comprendre les motivations des activistes. « Nous savons que c’est illégal mais nous pensons que c’est légitime ». L’argumentaire est bien rodé. « Bon, mais nous allons devoir prendre vos papiers » riposte l’agent. « Mais allez-y, nous ne voulons surtout pas vous empêcher de faire votre travail !». Des renforts arrivent en camion. Ils sont près d’une dizaine, dont un policier en civil. Toujours aussi décontenancés, ils réfléchissent quelques temps avant d’amener les trois barbouilleurs qui se sont volontairement dénoncés, sous les applaudissements des militants restants.

manif débou 7

manif débou 4

On m’explique que les policiers réagissent rarement de la sorte. « C’est une question de frais. S’ils nous embarquent à chaque fois, la procédure coûte trop cher. Régulièrement, ils passent mais nous laissent faire ».

 

Avant la dispersion du groupe, nous apprenons que les trois militants arrêtés ont été transférés au poste de police et vont passer une audition libre. Peu importe, ils continueront leurs actions chaque mois, comme ils le font depuis huit ans.

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À propos de Pierre Gautheron

Jeune étudiant en histoire, passionné de photographie et de cinéma. Je souhaite un journalisme novateur, trans-média, honnête.

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